Se vexer ou s’emporter d’un coup, souvent pour un motif sans importance.

La mouche nous vient tout droit du latin « musca ». Essayez d’en attraper une à la main : l’exercice demande des réflexes peu communs. Ses yeux composés, faits de centaines d’yeux simples, lui offrent une vue très large : elle voit venir la tapette bien avant qu’elle ne s’abatte.

Mais l’expression regarde plutôt du côté des victimes de l’insecte. Les mouches agacent tout le monde, et pas seulement les humains. Observez des vaches ou des chevaux harcelés par les piqûres et le bourdonnement continuel : ils s’agitent tout à coup, s’irritent, se mettent en fureur sans motif visible. Pour qui n’a pas repéré le minuscule coupable, cette colère subite reste une énigme.

C’est cette scène que la langue transpose aux humains. Quand quelqu’un s’emporte brusquement, pour une broutille ou sans raison apparente, on dit qu’il prend la mouche. Et l’on exprime la même surprise par une autre question bien connue : « Quelle mouche l’a piqué ? » On ne cherche pas l’insecte, bien sûr, seulement la cause de l’orage.

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