Rester au lit tard le matin, dormir ou paresser bien après l’heure habituelle.
La formule ne date pas d’hier. Dès le début du 16e siècle, on parlait de « dormir la grasse matinée ». Le verbe a changé depuis, le plaisir est resté intact.
Reste à comprendre ce que la graisse vient faire dans une matinée. Une première explication tient à l’idée de mollesse. Ce qui est gras est moelleux, onctueux, doux au toucher, à la manière d’un lit tiède où l’on s’attarde avec délices, la couverture remontée jusqu’au menton. La matinée grasse serait alors une matinée confortable, toute rembourrée de sommeil.
Une autre piste passe par le latin « crassus », qui signifie épais. Une grasse matinée serait ainsi plus épaisse que les autres, parce qu’elle s’étire et déborde largement sur le reste de la journée. Les deux hypothèses ont leurs partisans, et rien n’oblige à trancher. Vous pourrez d’ailleurs y réfléchir dimanche prochain, sans vous presser de quitter l’oreiller.
Pour aller plus loin : Grasse matinée sur Wikipédia