Amener habilement quelqu’un à révéler ce qu’il voulait garder pour lui.
Des vers dans le nez ? L’image a de quoi faire froncer les narines. Plusieurs explications ont été proposées, et vous choisirez la vôtre.
La première renvoie à une médecine fort ancienne. On employait des asticots, larves de mouches notamment, pour nettoyer les plaies, car ils ne dévorent que les chairs mortes. On peut imaginer qu’après une blessure au nez soignée de cette façon, il fallait bien finir par déloger ces petits ouvriers voraces. Une autre piste vise les charlatans d’autrefois, qui prétendaient soulager les maux de tête en extirpant par le nez les vers censés les provoquer.
Littré aurait, de son côté, risqué un rapprochement avec les points noirs, ces comédons qu’on presse sur le nez et qui ressemblent, une fois sortis, à de minuscules vermisseaux blancs. Dernière hypothèse, plus savante : une confusion entre « vers » et « verum », le vrai en latin. Tirer le vrai du nez de quelqu’un, voilà qui colle parfaitement au sens. Presque trop bien, diront les esprits soupçonneux.