Ne pas venir à un rendez-vous et laisser l’autre attendre, sans même l’avoir prévenu.

Ce lapin-là n’a pas toujours joué les amoureux absents. Vers 1880, la formule avait un sens nettement plus leste : poser un lapin à une fille de joie, c’était profiter de ses charmes puis filer sans lui verser un sou. Le « lapin » désignait alors le refus de régler son dû. Il rôdait autour de la resquille, des petites combines menées en douce, de tout ce qu’on s’offre gratis sans en avoir le droit.

Le mot a ensuite servi à nommer le voyageur clandestin, celui qui monte à bord sans billet. Toujours la même idée : on prend, on ne paie pas.

Puis le sens s’est déplacé vers le rendez-vous manqué, le plus souvent galant. Pour expliquer ce glissement, on invoque volontiers le lapin de garenne, animal réputé pour son ardeur amoureuse et prompt à détaler au moindre bruit. Un compagnon qui promet beaucoup et disparaît aussitôt : vous en avez peut-être croisé un, à deux pattes.

Partager