L’origine
Sous cette forme, la formule ne date que du 19e siècle. Auparavant, le chat n’était pas de la partie : on « jetait sa langue aux chiens », tournure qu’on rencontre chez Mme de Sévigné. Or aux chiens, on lance les restes, ce qui ne vaut plus rien. Leur abandonner sa langue, c’était se défaire d’un organe devenu inutile, puisqu’on ne prononcerait jamais la réponse qu’on renonçait à chercher.
Reste à savoir comment les chiens ont cédé la place à un chat, et comment l’on est passé de jeter à donner. Une autre tournure éclaire l’affaire. Chez George Sand, « mettre quelque chose dans l’oreille du chat », c’était confier un secret voué à l’oubli. Le chat passait donc pour savoir bien des choses sans jamais en répéter une seule. Le confident idéal.
Notre expression mêlerait les deux idées. On se débarrasse de sa langue, désormais superflue, mais on la remet au chat plutôt qu’aux chiens, car lui saura la garder. Peut-être au cas où l’on voudrait la reprendre plus tard.
Personnes citées

épistolière française (1626-1696)

romancière et dramaturge française