Importuner quelqu’un, l’agacer par sa présence, ses bavardages ou son insistance.
Personne, en principe, ne vous a jamais vraiment brisé les orteils en vous racontant ses vacances. Les pieds de cette expression ne sont pas tout à fait des pieds.
On y voit généralement un euphémisme. Les pieds remplaceraient pudiquement une autre partie du corps masculin, bien plus sensible, que la langue verte nomme sans détour. Dire « casser les pieds », c’était conserver toute la brutalité de l’image en évitant le mot grossier. On reste poli, ou presque, et l’interlocuteur comprend fort bien de quoi il retourne. Le procédé est habile : on déplace la douleur vers le bas pour mieux s’élever au-dessus de l’argot.
La version crue n’a pas disparu pour autant, mais la version décente a fait une belle carrière. Elle a même donné un nom commun, le « casse-pieds », pour désigner l’importun dont on ne sait comment se débarrasser. On dit aussi d’une corvée ou d’un discours interminable qu’ils sont casse-pieds. Chacun en connaît au moins un dans son entourage, et chacun espère sincèrement ne pas être celui des autres.